jeudi 10 janvier 2013

Les expériences de Milgram (1960-1963) sur la pression explicite


L'expérience de Milgram est l'une des expériences les plus connues de la psychologie sociale. Voilà l'histoire des expériences de Milgram. Une expérience étudiée avec Mme Pena Pena. 

La recherche est présentée comme une étude sur l’efficacité de la punition en matière d’apprentissage
- Le sujet naïf joue le rôle de enseignant, un compère celui de l’élève
- Tâche : l’enseignant doit faire apprendre à l’élève une liste de 30 associations (ex : ciel – bleu) ; à chaque erreur de l’élève, il doit lui administrer un choc électrique d’intensité croissante (30 à 450 v)
- Le compère se trompe suivant une séquence préétablie
- Lorsque le sujet hésite ou refuse de punir, l’expérimentateur lui demande, de façon de plus en plus
insistante, de continuer (à 3 reprises maximum)
- Groupe contrôle : les sujets choisissent l’intensité de la punition

=> Dans la situation expérimentales, 65% des sujets ont infligé des chocs électriques jusqu’au bout (450 v)
- alors que ceux du groupe contrôle n’ont donné que des chocs de très faible intensité

Comment expliquer la soumission à l’autorité ?
- L’état d’agent (Milgram) : l’individu ne se sent pas responsable de ses actes (il ne fait qu’obéir aux ordres)
- L’intériorisation d’une norme de soumission : le comportement de soumission est socialement appris
- L’engagement (Kiesler) : le choix d’un comportement nous incite à répéter ce comportement

Les facteurs susceptibles d’atténuer la soumission à l’autorité
- La proximité de la victime
o Contact physique : 30% d’obéissance totale
o Proximité (dans la même salle) : 40% d’obéissance
- Un prestige institutionnel plus faible (bureaux délabrés) : 48% d’obéissance
- Autorité non (perçue comme) légitime, par exemple ordres provenant d’un compère : 0%
- Autorité remise en question par un autre expérimentateur (0%) ou un compère (10%)
- Éloignement de l’autorité : 21% d’obéissance

mercredi 9 janvier 2013

Expérience de Asch (1951) sur la pression implicite

 
L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe.
Solomon Asch invita un groupe d'étudiants de 17 à 25 ans à participer à un prétendu test de vision. Tous les participants étaient complices avec l'expérimentateur, sauf un. L'expérience avait pour objet d'observer comment cet étudiant (le sujet) allait réagir au comportement des autres.

Les complices et le sujet furent assis dans une pièce et on leur demanda de juger la longueur de plusieurs lignes tracées sur une série d'affiches. À chaque fois, il fallait qu'ils désignent laquelle était la plus courte, lesquelles étaient de même longueur, etc. Au début, les complices donnent à l'unanimité la même fausse réponse avant de laisser le sujet répondre en dernier.

Tandis que la plupart des sujets répondirent correctement, beaucoup furent assez perturbés, et un grand nombre (33 %) finissait par se conformer aux mauvaises réponses soutenues à l'unanimité par les complices. Les sujets étaient même amenés à soutenir des réponses allant contre l'évidence et leur propre vue (voir les expériences filmées[1]), pour par exemple affirmer que deux lignes avaient la même longueur, alors que l'écart était très visible car de plus de 5 cm.

Lorsqu'il n'y avait pas unanimité parmi les complices, les sujets s'émancipaient du groupe pour soutenir la réponse vraie, mais dissidente et contrariante pour le groupe ;
Des sujets témoins qui n'étaient pas soumis à un point de vue majoritaire, n'eurent aucun mal à donner toujours la bonne réponse.
Après l'annonce des résultats, le sujet attribuait généralement sa piètre performance à sa propre « mauvaise vue ». Ceci rejoint dans une certaine mesure l'expérience de Milgram où le sujet accuse l'expérimentateur d'être responsable de son comportement. Dans les deux cas, le sujet se dédouane de la responsabilité de ses décisions sur un élément extérieur à sa volonté.

Expérience de Kelman sur le conformisme

Ainsi, Kelman (1958) a mis en évidence trois formes de conformisme, en rapport avec les conditions sociales où elles émergent.

La complaisance : dans ce cas le conformisme est utilitaire; l’individu souhaite « ne pas avoir d’histoires » ou « avoir la paix », il se conforme pour pouvoir préserver l’approbation du groupe sur lui et continuer d’y être accepté. Les propres croyances du sujet ne sont pas atteintes (différence entre opinion publique et opinion privée). Cette forme de conformisme apparaît en particulier quand la relation d’influence est fondée sur des relations de pouvoir dans lesquelles celui qui cherche à influencer est celui qui a le pouvoir.

L’identification : dans ce cas le sujet désire maintenir ou établir des relations positives avec un groupe qui l’attire, qui est important pour lui. Le sujet croit éventuellement ce qu’il affiche, mais ce qui lui importe, c’est sa relation au groupe.
Cette forme de conformisme se développe si un groupe attractif existe dans l’environnement socio-affectif du sujet : c’est ce que l’on appelle groupe de référence.

L’intériorisation : dans ce cas, le conformisme ne vient ni du contrôle social, ni de la visibilité d’un groupe valorisé, mais du fait que le contenu évoqué par la source d’influence est intégré dans le système de valeurs du sujet. Celui-ci modifie alors ses croyances indépendamment de la source d’influence. Pour Kelman, c’est possible quand celle-ci a une haute crédibilité (notoriété, compétences, prestige), de sorte que son message a pour le sujet valeur de vérité ou d’objectivité. Il s’agit en fait d’une véritable restructuration cognitive du sujet, c’est à dire d’une modification en profondeur de son mode de pensée.

Dans tous les cas, il faut bien voir que le conformisme est le résultat d’une négociation tacite entre les points de vue d’un groupe ou d’un individu qui font autorité et ceux qui s’y trouvent confrontés. Cette négociation a lieu pour résoudre le conflit provoqué par leur divergence. La solution choisie dans le cas du conformisme correspond à une réduction de ce conflit par l’adoption de la norme qui fait autorité.

L’expérience de Kelman

L’expérience a lieu au moment où la Cour Suprême, aux États-Unis, s’apprête à faire voter une loi contre la ségrégation de Noirs dans les écoles publiques américaines. Les sujets sont des étudiants noirs, majoritairement antiségrégationnistes. On leur fait écouter une soi-disante émission radiophonique, dans laquelle l’orateur défend le point de vue qu’il faut maintenir quelques établissements noirs, pour préserver la culture et l’histoire des noirs.

3 conditions :

- Dans une première condition, on dit aux étudiants que l’orateur est le Président pour la Fondation des Collèges Noirs et celui-ci annonce sa décision de supprimer les aides financières aux collèges qui s’opposeraient à la décision. Il s’agit donc d’une condition où le contrôle social de la source est élevé.

- Dans une deuxième condition, on dit aux étudiants que l’orateur, également un noir, est leprésident d’une organisation qui a joué un grand rôle dans la décision de la Cour Suprême. Celui-ci insiste sur le fait qu’il représente l’opinion de l’ensemble des membres de son organisation. Il s’agit donc d’une condition dans laquelle l’attrait de la source est élevé.

- Dans une troisième condition, on dit aux étudiants que l’orateur, cette fois-ci un blanc, est un historien prestigieux. Celui-ci appuie son argumentation sur ses (soi-disant) recherches scientifiques. Dans cette condition, c’est la crédibilité de la source qui est mise en évidence.

Après avoir entendu la bande, les étudiants devaient répondre à trois questionnaires :
- un premier juste après l’écoute, sur lequel ils notaient leur nom
- un deuxième qui était anonyme juste après le premier
- un troisième trois semaines après l’écoute
C’est seulement à propos du premier qu’on leur disait que les résultats seraient communiqués à l’orateur.

Voici les résultats :
- lorsque l‘orateur est présenté comme ayant des moyens de contrôle et de sanctions, les sujets se conforment à son opinion, mais uniquement quand le questionnaire est nominal. Ce n’est plus le cas lorsque celui-ci est anonyme ni quand on y répond trois semaines après.
- lorsque l’orateur est présenté comme le président d’une association qui fait référence pour les sujets, ils se conforment à son opinion tant que celui-ci et le groupe qu’il représente sont visibles, existants à leurs yeux (deux premiers questionnaires). Trois semaines plus tard, ils ne se conforment plus.
- lorsque l’orateur est présenté comme un scientifique prestigieux, les sujets adhèrent à son opinion dans les trois conditions de récolte des réponses, y compris trois semaines plus tard.

Cette expérience met en évidence que les différentes modalités du conformisme ( par complaisance, identification et intériorisation ) dépendent des caractéristiques de la relation entre la source et la cible d’influence.

mardi 8 janvier 2013

Expérience de Bernoux

Qu’il existe une liaison entre projet de mobilité sociale et le choix du GR a été mis en évidence par Philippe Bernoux en 1985. 

Son expérience concerne les ouvriers tunisiens de France. Il les a distingué en 3 groupes :
Un 1er groupe qui se juge de passage en France. Pour eux le GR sont les ouvriers français qui leur ressemblent le plus (ouvriers agricoles des villages alentours et qui pour loisir jardinaient pour eux le travail industriel n’est pas intéressant et leur philosophie est de ne pas avoir d’histoire).

Un 2ème groupe qui voulait rester en France et avoir une promotion. Pour eux le GR sont les ouvriers français intéressés par leur travail mais qui avaient toutefois une attitude critique envers l’entreprise et son organisation (syndicalistes) _ ils pratiquaient le freinage (à l’époque le salaire était donné au rendement : les ouvriers suivent une norme informelle dans le but de sauvegarder les moins actifs.

Un 3ème groupe dont l’avis a évolué avec le temps. Ils se sont détournés qu GR 1 pour le GR 2. Ce changement se faisait lorsqu’ils devaient passer un examen pour avoir une promotion.

Cependant la mobilité sociale peut présenter des risques : un individu qui veut se retrouver dans son GR renie son GA. Si il échoue dans sa tentative alors il est rejeté par ces 2 groupes. 

Par exemple dans l’armée les soldats qui voulaient monter de grade (devenir sous officier par exemple) suivaient les comportement des sous officiers (par exemple) mais en contrepartie ils étaient rejetés par le groupe de soldats qui leur appartenait ;

Le risque est de se marginaliser, l’image de soi se déprécie : le risque est le même aujourd’hui avec les diplômes. Celui qui réussi un diplôme de médecin (doctorat recherche) mais qui ne trouve pas de travail dans la branche qu’il voulait ira dans le privé mais sera sous évalué dans ses capacités réelles. (ex : en 1999 il n’y avait que 30 emplois de maître de conférence dans la section biologie pour 900 demandeurs).

La comparaison sociale (Festinger)

La comparaison sociale désigne le processus par lequel l'individu évalue ses opinions/attitudes et ses aptitudes en se référant à autrui. Plus exactement dans les situations où l'individu n'est pas sûr de la justesse de ses opinions ou de la qualité de ses aptitudes, il opère une comparaison afin d'obtenir une estimation mais également dans l'éventualité de s'ajuster aux normes ambiantes. Le processus de comparaison sociale est déclenché par un état d'incertitude et vise à rétablir la certitude et à aboutir ainsi à un état d'équilibre.
 
En d'autres termes, quand on n'est pas sûr de son niveau, ou de la justesse/pertinence de ses attitudes, on se réfère aux autres autour de nous, et on s'ajuste par rapport à eux. C'est dire le poids conséquent du milieu sur la construction du Soi, l'Estime de Soi, la Clairvoyance Normative, l'intégrations de normes, de comportements...etc Attention, ça ne veut pas dire qu'on adopte systématiquement les comportements et attitudes des autres, mais qu'on se mesure à cet échelon.

On appelle Champ de Comparaison l'ensemble des individus auxquels le sujet peut se comparer.
On appelle Champ de Référence l'ensemble des individus auxquels le sujet se compare effectivement: les individus les plus semblables à lui (ou, dans le cas de la conservation de l'Estime de Soi, les individus avec lesquels la comparaison est favorable au sujet: comparaisons ascendantes).

Si le Groupe de Référence a des attitudes ou des comportements éloignés de ceux du sujet, ce dernier entre dans une sorte de Dissonance Cognitive qu'il va tenter de réduire, dans le but de conserver une stabilité:
- en se rapprochant de ses individus et de leurs attitudes/comportements (cas des attitudes et des opinions)
- en faisant se rapprocher les autres de ses propres attitudes/comportements
- en réduisant encore son Champ de Référence aux quelques individus plus proches de lui

Groupe de référence (Hyman)

Le groupe de référence a été explicitement introduit par H. Hyman en 1942 avec ses travaux sur le statut socioéconomique. Il s’agissait d’expliquer l’aspect subjectif du statut social, ne pouvant se déduire que de facteurs objectifs (revenu, éducation), mais perçu et estimé par rapport à des entités ou des personnes auxquelles le sujet s’identifie ou se compare. Le statut « subjectif » (déclaré) par la personne souvent ne correspondait pas à son statut « objectif » (observé).

Une première définition explicite du groupe de référence nous a été donnée par Hyman. Celui-ci définit le groupe de référence comme désignant « tout groupe auquel se réfère un individu en ce qui concerne ses attitudes ». 

Bien entendu, la notion de groupe reste vague. Il peut en effet s’agir ici de groupes, mais également d’individus ou de catégories. On peut aussi se demander s’il s’agit d’un groupe objectif ou d’un groupe subjectif. Autrement dit, le sociologue risque de circonscrire un groupe théorique dans lequel aucun de ses membres risque de se reconnaître. Dès lors, quels sont les critères employés pour définir ce concept ?

Un concept sociologique de la notion de groupe nous est donné par R.K. Merton. Sa définition repose sur trois critères qui, combinés, vont aboutir à une circonscription claire de la notion de groupe d’appartenance :

1. le concept sociologique de groupe définit un ensemble d’individus en interaction selon des règles établies, ou encore un certain nombre de gens ayant entre eux des rapports sociaux caractéristiques et fixés (critère objectif) ;
2. les individus en interaction se définissent eux-mêmes comme membres du groupe (critère subjectif) ;
3. les gens en interaction sont définis par les autres, membres et non membres, comme membres du groupe (critère subjectif).

Ici est introduite une distinction (également opérée par Hyman) entre le groupe d’appartenance et le groupe de référence. Le groupe d’appartenance est le groupe auquel l’individu dit ou est censé appartenir . Autrement dit, l’individu appartient de fait au groupe d’appartenance et il peut en être conscient ou non.

Il convient, pour poursuivre notre exposé, de préciser les usages du groupe de référence:

Un premier usage est la désignation d’un groupe dans lequel l’individu cherche à se faire accepter ou à maintenir cette acceptation. Pour faciliter cette acceptation, l’individu règle ses comportements sur ce qu’il croit être les valeurs du groupe élu, étant sous-entendu que les membres du groupe de référence observent et jugent la personne. Newcomb opère une distinction entre le groupe de référence positif et le groupe de référence négatif, soient, un groupe dont la personne va vouloir se faire accepter et traiter en tant que membre, et un groupe auquel la personne va vouloir s’opposer et ne pas être considérée comme membre.

Le second usage est de désigner le groupe de référence comme un point de référence pour la personne afin de porter des jugement sur elle-même et sur d’autres. C’est donc un outil d’auto-évaluation et d’évaluation.

Ces deux usages donnent les deux fonctions du groupe de référence : la fonction normative et la fonction comparative. La fonction normative fournit des normes, elle est une source d’assimilation de valeurs par des individus membres ou non du groupe de référence. La fonction comparative fournit un cadre de référence permettant à l’individu de s’auto-évaluer et d’évaluer autrui.

La différence entre groupe de référence et groupe d’appartenance se fait ici radicale. En effet, on appartient de fait à un groupe d’appartenance, alors qu’un groupe de référence peut être choisi. Le groupe d’appartenance peut servir de groupe de référence, et, dans de nombreux cas, il l’est (comme la famille lorsqu’elle remplit les fonctions normative et/ou comparative). Le groupe de référence peut donc être un groupe de non-appartenance (un groupe auquel l’individu n’appartient pas).

Cours pour le partiel 2 : psychologie sociale (Pena Pena)

Cours 8

Pour modifier une attitude, opinion, croyance, etc. il faut les modifier au sein du groupe de référence de l’individu.

Mais comment modifier une norme largement partagée ?
- Revoir Hyman (1942) : l’existence des groupes de référence.

Pourquoi ce besoin de se référer à un groupe ?
- Festinger (1971) : la comparaison sociale comme moyen de réduction de l’incertitude.
- Merton & Kitt (1950) : illustration des bienfaits de la comparaison sociale et des groupes de référence.

Adhésion aux normes, quand l’individu rejette les normes de son groupe. Pourquoi en change-t-on ?
- Bernoux (1985) : les ouvriers Tunisiens.

La marginalisation : Quand on n’est pas accepté par le groupe auquel on aspire et quand il y a rupture avec le groupe d’appartenance.

La dépersonnalisation (Hogg, 1996) : plus d’existence en tant qu’individu propre.

Le conformisme : modalité de l’influence sociale et qui se manifeste par le fait qu’un groupe ou un individu modifie ses comportements, attitudes, opinions, valeurs pour les mettre en harmonie avec les comportements, attitudes, opinions, valeurs d’un groupe auquel il appartient ou souhaite appartenir.

Se joue sous l’effet conjugué de :
◦ La pression groupale ;
◦ L’adhésion volontaire.

3 sources d’influence (Kelman, 1958 => expérience)

Pression implicite (Asch, 1951).

Cours 9

Pression explicite (Millgram, 1974)

La normalisation : création de normes (Sherif, 1935).

Qu’est-ce qui nous amène à normaliser un contexte ?
◦ Pour maintenir l’égalité des statuts (French, 1956) ;
◦ Pour réduire l’incertitude (Miller & Mc Farland, 1987) ;
◦ Pour se rendre acceptable aux yeux d’autrui (Allport, 1962) ;
◦ Par la tendance à tendre vers une valeur centrale dite « plus vraisemblable » (Montmollin, 1966) ;
◦ Pour éviter le conflit intra et inter subjectif provoqué par les différentes réponses (Moscovici & Ricateau, 1972).

Cours 10

La Polarisation : Moscovici (1969, 1992).

Stratégie Minoritaire : la différenciation inter groupe s’inscrit hors du statu quo, hors de la norme majoritaire.

Lutter contre l’influence sociale.

La délégitimation de l’autre (Schéma)