En 1969, Moscovici et Zavalloni ont mis en évidence que le même phénomène de polarisation se produisait également dans des questions d'attitudes. Les sujets devaient tout simplement marquer leur accord ou leur désaccord face à une série d'énoncés tels que "de Gaulle est trop âgé pour mener à bien sa difficile tâche politique" ou "L'aide américaine est toujours utilisées pour
exercer une pression politique". Il s'est avéré que les discussions de groupe exacerbaient les a priori des sujets.
Le terme de "polarisation de groupe" rend compte du fait que la plupart du temps, après discussion, les gens s'accordent sur des positions davantage extrêmes que la moyenne des positions avant la discussion.
Une première explication suggère que ce phénomène est dû à des questions de normes groupales : nous cherchons tous à être bien perçus au sein du groupe, ce qui nous conduit à prendre en compte l'avis des autres membres et à nous y conformer. Une fois la norme du groupe dégagé, chacun va chercher à l'incarner le mieux possible, d'où un glissement vers les extrêmes.
Une deuxième explication s'appuie davantage sur les problèmes d'influence informationnelle. Lorsque les gens sont réunis en groupe pour discuter, il y a de grandes chances pour que des arguments inconnus pour certains soient évoqués. Il appartient alors à chacun d'incorporer ces
arguments à sa propre base de connaissance. Dans la mesure où tous ces arguments vont aller vers le même pôle au sein du groupe, il est normal qu'un glissement s'opère.
Il serait trop hâtif d'en venir à la conclusion que les décisions de groupe sont moins bonnes que celles prises individuellement. Il n'en reste pas moins qu'il nous appartient de nous méfier de ces dérives, tant sont nombreuses les occasions pour elles d'apparaître ; pensez notamment à la justice, à la politique, à l'éducation...
articles reliés à la connaissance, à la culture générale, à l'astrologie, à la biographie, à la psychologie version SUISSE, à tout ce qui permet de "bouger" la pensée ...
samedi 12 janvier 2013
vendredi 11 janvier 2013
Expérience de Shérif sur la normalisation (création de normes)
Un point lumineux, libre de tout cadre de référence semble se déplacer même lorsque l’observateur sait qu’il est immobile. Cet effet s’obtient lorsque l’on projette une source lumineuse sur un mur noir et ceci dans l’obscurité totale.
Les sujets, des étudiants de sexe masculin, étaient conviés dans un laboratoire de psychologie puis introduit dans une pièce obscure à 5 mètres environ du petit point lumineux.
Les sujets, des étudiants de sexe masculin, étaient conviés dans un laboratoire de psychologie puis introduit dans une pièce obscure à 5 mètres environ du petit point lumineux.
La tache des sujets était, en premier lieu, d’évaluer de façon personnelle puis en groupe et oralement l’amplitude du « mouvement » du point lumineux, après la disparition de celui-ci. Pour terminer, une dernière évaluation personnelle correspondant à la première.
Les résultats sont surprenants :
Les résultats sont surprenants :
Les sujets organisent leurs réponses autour d’une norme de groupe arbitraire. On assiste à un mécanisme de négociation implicite des réponses ; une moyennisation.
On peut donc dire que le groupe se met d’accord sur une illusion. La norme est ici non seulement arbitraire mais elle n’a rien à voir avec la réalité objective.
Ces résultats, rappelons le, ont été obtenus dans des conditions très précises :
On peut donc dire que le groupe se met d’accord sur une illusion. La norme est ici non seulement arbitraire mais elle n’a rien à voir avec la réalité objective.
Ces résultats, rappelons le, ont été obtenus dans des conditions très précises :
-
La situation devait être suffisamment ambiguë, sans norme établie au départ et nouvelle pour les sujets.
-
La réponse du sujet devait être incertaine ; il n’y avait pas de bonnes ou de mauvaises réponses.
-
Le sujet est peu concerné par les réponses qu’il donne ; l’Engagement personnel et moindre.
-
Les sujets entre eux ne devaient pas se connaître avant que la situation expérimentale ne les ai réunis en petits groupes.
Les résultats de Shérif sont stables.
Quand on demande aux sujets comment ils se portent après leur évaluation finale du « déplacement » :
Les sujets disent qu'ils se sentent mieux quand ils sont dans les normes, ils sont moins stressés et ont le sentiment que leur nouvelle estimation se rapproche plus de la réalité.
jeudi 10 janvier 2013
Les expériences de Milgram (1960-1963) sur la pression explicite
L'expérience de Milgram est l'une des expériences les plus connues de la psychologie sociale. Voilà l'histoire des expériences de Milgram. Une expérience étudiée avec Mme Pena Pena.
La recherche est présentée comme une étude sur l’efficacité de la punition en matière d’apprentissage
- Le sujet naïf joue le rôle de enseignant, un compère celui de l’élève
- Tâche : l’enseignant doit faire apprendre à l’élève une liste de 30 associations (ex : ciel – bleu) ; à chaque erreur de l’élève, il doit lui administrer un choc électrique d’intensité croissante (30 à 450 v)
- Le compère se trompe suivant une séquence préétablie
- Lorsque le sujet hésite ou refuse de punir, l’expérimentateur lui demande, de façon de plus en plus
insistante, de continuer (à 3 reprises maximum)
- Groupe contrôle : les sujets choisissent l’intensité de la punition
=> Dans la situation expérimentales, 65% des sujets ont infligé des chocs électriques jusqu’au bout (450 v)
- alors que ceux du groupe contrôle n’ont donné que des chocs de très faible intensité
Comment expliquer la soumission à l’autorité ?
- L’état d’agent (Milgram) : l’individu ne se sent pas responsable de ses actes (il ne fait qu’obéir aux ordres)
- L’intériorisation d’une norme de soumission : le comportement de soumission est socialement appris
- L’engagement (Kiesler) : le choix d’un comportement nous incite à répéter ce comportement
Les facteurs susceptibles d’atténuer la soumission à l’autorité
- La proximité de la victime
o Contact physique : 30% d’obéissance totale
o Proximité (dans la même salle) : 40% d’obéissance
- Un prestige institutionnel plus faible (bureaux délabrés) : 48% d’obéissance
- Autorité non (perçue comme) légitime, par exemple ordres provenant d’un compère : 0%
- Autorité remise en question par un autre expérimentateur (0%) ou un compère (10%)
- Éloignement de l’autorité : 21% d’obéissance
mercredi 9 janvier 2013
Expérience de Asch (1951) sur la pression implicite
L'expérience d'Asch, publiée en
1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le
pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un
groupe.
Solomon Asch invita un groupe d'étudiants de 17 à 25 ans à
participer à un prétendu test de vision. Tous les participants étaient
complices avec l'expérimentateur, sauf un. L'expérience avait pour objet
d'observer comment cet étudiant (le sujet) allait réagir au
comportement des autres.
Les complices et le sujet furent assis dans une pièce et on leur demanda de juger la longueur de plusieurs lignes tracées sur une série d'affiches. À chaque fois, il fallait qu'ils désignent laquelle était la plus courte, lesquelles étaient de même longueur, etc. Au début, les complices donnent à l'unanimité la même fausse réponse avant de laisser le sujet répondre en dernier.
Tandis que la plupart des sujets répondirent correctement, beaucoup furent assez perturbés, et un grand nombre (33 %) finissait par se conformer aux mauvaises réponses soutenues à l'unanimité par les complices. Les sujets étaient même amenés à soutenir des réponses allant contre l'évidence et leur propre vue (voir les expériences filmées[1]), pour par exemple affirmer que deux lignes avaient la même longueur, alors que l'écart était très visible car de plus de 5 cm.
Lorsqu'il n'y avait pas unanimité parmi les complices, les sujets s'émancipaient du groupe pour soutenir la réponse vraie, mais dissidente et contrariante pour le groupe ;
Des sujets témoins qui n'étaient pas soumis à un point de vue majoritaire, n'eurent aucun mal à donner toujours la bonne réponse.
Après l'annonce des résultats, le sujet attribuait généralement sa piètre performance à sa propre « mauvaise vue ». Ceci rejoint dans une certaine mesure l'expérience de Milgram où le sujet accuse l'expérimentateur d'être responsable de son comportement. Dans les deux cas, le sujet se dédouane de la responsabilité de ses décisions sur un élément extérieur à sa volonté.
Les complices et le sujet furent assis dans une pièce et on leur demanda de juger la longueur de plusieurs lignes tracées sur une série d'affiches. À chaque fois, il fallait qu'ils désignent laquelle était la plus courte, lesquelles étaient de même longueur, etc. Au début, les complices donnent à l'unanimité la même fausse réponse avant de laisser le sujet répondre en dernier.
Tandis que la plupart des sujets répondirent correctement, beaucoup furent assez perturbés, et un grand nombre (33 %) finissait par se conformer aux mauvaises réponses soutenues à l'unanimité par les complices. Les sujets étaient même amenés à soutenir des réponses allant contre l'évidence et leur propre vue (voir les expériences filmées[1]), pour par exemple affirmer que deux lignes avaient la même longueur, alors que l'écart était très visible car de plus de 5 cm.
Lorsqu'il n'y avait pas unanimité parmi les complices, les sujets s'émancipaient du groupe pour soutenir la réponse vraie, mais dissidente et contrariante pour le groupe ;
Des sujets témoins qui n'étaient pas soumis à un point de vue majoritaire, n'eurent aucun mal à donner toujours la bonne réponse.
Après l'annonce des résultats, le sujet attribuait généralement sa piètre performance à sa propre « mauvaise vue ». Ceci rejoint dans une certaine mesure l'expérience de Milgram où le sujet accuse l'expérimentateur d'être responsable de son comportement. Dans les deux cas, le sujet se dédouane de la responsabilité de ses décisions sur un élément extérieur à sa volonté.
Expérience de Kelman sur le conformisme
Ainsi, Kelman (1958) a mis en évidence trois formes de conformisme, en rapport avec les conditions sociales où elles émergent.
La complaisance : dans ce cas le conformisme est utilitaire; l’individu souhaite « ne pas avoir d’histoires » ou « avoir la paix », il se conforme pour pouvoir préserver l’approbation du groupe sur lui et continuer d’y être accepté. Les propres croyances du sujet ne sont pas atteintes (différence entre opinion publique et opinion privée). Cette forme de conformisme apparaît en particulier quand la relation d’influence est fondée sur des relations de pouvoir dans lesquelles celui qui cherche à influencer est celui qui a le pouvoir.
L’identification : dans ce cas le sujet désire maintenir ou établir des relations positives avec un groupe qui l’attire, qui est important pour lui. Le sujet croit éventuellement ce qu’il affiche, mais ce qui lui importe, c’est sa relation au groupe.
Cette forme de conformisme se développe si un groupe attractif existe dans l’environnement socio-affectif du sujet : c’est ce que l’on appelle groupe de référence.
L’intériorisation : dans ce cas, le conformisme ne vient ni du contrôle social, ni de la visibilité d’un groupe valorisé, mais du fait que le contenu évoqué par la source d’influence est intégré dans le système de valeurs du sujet. Celui-ci modifie alors ses croyances indépendamment de la source d’influence. Pour Kelman, c’est possible quand celle-ci a une haute crédibilité (notoriété, compétences, prestige), de sorte que son message a pour le sujet valeur de vérité ou d’objectivité. Il s’agit en fait d’une véritable restructuration cognitive du sujet, c’est à dire d’une modification en profondeur de son mode de pensée.
Dans tous les cas, il faut bien voir que le conformisme est le résultat d’une négociation tacite entre les points de vue d’un groupe ou d’un individu qui font autorité et ceux qui s’y trouvent confrontés. Cette négociation a lieu pour résoudre le conflit provoqué par leur divergence. La solution choisie dans le cas du conformisme correspond à une réduction de ce conflit par l’adoption de la norme qui fait autorité.
L’expérience de Kelman
L’expérience a lieu au moment où la Cour Suprême, aux États-Unis, s’apprête à faire voter une loi contre la ségrégation de Noirs dans les écoles publiques américaines. Les sujets sont des étudiants noirs, majoritairement antiségrégationnistes. On leur fait écouter une soi-disante émission radiophonique, dans laquelle l’orateur défend le point de vue qu’il faut maintenir quelques établissements noirs, pour préserver la culture et l’histoire des noirs.
3 conditions :
- Dans une première condition, on dit aux étudiants que l’orateur est le Président pour la Fondation des Collèges Noirs et celui-ci annonce sa décision de supprimer les aides financières aux collèges qui s’opposeraient à la décision. Il s’agit donc d’une condition où le contrôle social de la source est élevé.
- Dans une deuxième condition, on dit aux étudiants que l’orateur, également un noir, est leprésident d’une organisation qui a joué un grand rôle dans la décision de la Cour Suprême. Celui-ci insiste sur le fait qu’il représente l’opinion de l’ensemble des membres de son organisation. Il s’agit donc d’une condition dans laquelle l’attrait de la source est élevé.
- Dans une troisième condition, on dit aux étudiants que l’orateur, cette fois-ci un blanc, est un historien prestigieux. Celui-ci appuie son argumentation sur ses (soi-disant) recherches scientifiques. Dans cette condition, c’est la crédibilité de la source qui est mise en évidence.
Après avoir entendu la bande, les étudiants devaient répondre à trois questionnaires :
- un premier juste après l’écoute, sur lequel ils notaient leur nom
- un deuxième qui était anonyme juste après le premier
- un troisième trois semaines après l’écoute
C’est seulement à propos du premier qu’on leur disait que les résultats seraient communiqués à l’orateur.
Voici les résultats :
- lorsque l‘orateur est présenté comme ayant des moyens de contrôle et de sanctions, les sujets se conforment à son opinion, mais uniquement quand le questionnaire est nominal. Ce n’est plus le cas lorsque celui-ci est anonyme ni quand on y répond trois semaines après.
- lorsque l’orateur est présenté comme le président d’une association qui fait référence pour les sujets, ils se conforment à son opinion tant que celui-ci et le groupe qu’il représente sont visibles, existants à leurs yeux (deux premiers questionnaires). Trois semaines plus tard, ils ne se conforment plus.
- lorsque l’orateur est présenté comme un scientifique prestigieux, les sujets adhèrent à son opinion dans les trois conditions de récolte des réponses, y compris trois semaines plus tard.
Cette expérience met en évidence que les différentes modalités du conformisme ( par complaisance, identification et intériorisation ) dépendent des caractéristiques de la relation entre la source et la cible d’influence.
La complaisance : dans ce cas le conformisme est utilitaire; l’individu souhaite « ne pas avoir d’histoires » ou « avoir la paix », il se conforme pour pouvoir préserver l’approbation du groupe sur lui et continuer d’y être accepté. Les propres croyances du sujet ne sont pas atteintes (différence entre opinion publique et opinion privée). Cette forme de conformisme apparaît en particulier quand la relation d’influence est fondée sur des relations de pouvoir dans lesquelles celui qui cherche à influencer est celui qui a le pouvoir.
L’identification : dans ce cas le sujet désire maintenir ou établir des relations positives avec un groupe qui l’attire, qui est important pour lui. Le sujet croit éventuellement ce qu’il affiche, mais ce qui lui importe, c’est sa relation au groupe.
Cette forme de conformisme se développe si un groupe attractif existe dans l’environnement socio-affectif du sujet : c’est ce que l’on appelle groupe de référence.
L’intériorisation : dans ce cas, le conformisme ne vient ni du contrôle social, ni de la visibilité d’un groupe valorisé, mais du fait que le contenu évoqué par la source d’influence est intégré dans le système de valeurs du sujet. Celui-ci modifie alors ses croyances indépendamment de la source d’influence. Pour Kelman, c’est possible quand celle-ci a une haute crédibilité (notoriété, compétences, prestige), de sorte que son message a pour le sujet valeur de vérité ou d’objectivité. Il s’agit en fait d’une véritable restructuration cognitive du sujet, c’est à dire d’une modification en profondeur de son mode de pensée.
Dans tous les cas, il faut bien voir que le conformisme est le résultat d’une négociation tacite entre les points de vue d’un groupe ou d’un individu qui font autorité et ceux qui s’y trouvent confrontés. Cette négociation a lieu pour résoudre le conflit provoqué par leur divergence. La solution choisie dans le cas du conformisme correspond à une réduction de ce conflit par l’adoption de la norme qui fait autorité.
L’expérience de Kelman
L’expérience a lieu au moment où la Cour Suprême, aux États-Unis, s’apprête à faire voter une loi contre la ségrégation de Noirs dans les écoles publiques américaines. Les sujets sont des étudiants noirs, majoritairement antiségrégationnistes. On leur fait écouter une soi-disante émission radiophonique, dans laquelle l’orateur défend le point de vue qu’il faut maintenir quelques établissements noirs, pour préserver la culture et l’histoire des noirs.
3 conditions :
- Dans une première condition, on dit aux étudiants que l’orateur est le Président pour la Fondation des Collèges Noirs et celui-ci annonce sa décision de supprimer les aides financières aux collèges qui s’opposeraient à la décision. Il s’agit donc d’une condition où le contrôle social de la source est élevé.
- Dans une deuxième condition, on dit aux étudiants que l’orateur, également un noir, est leprésident d’une organisation qui a joué un grand rôle dans la décision de la Cour Suprême. Celui-ci insiste sur le fait qu’il représente l’opinion de l’ensemble des membres de son organisation. Il s’agit donc d’une condition dans laquelle l’attrait de la source est élevé.
- Dans une troisième condition, on dit aux étudiants que l’orateur, cette fois-ci un blanc, est un historien prestigieux. Celui-ci appuie son argumentation sur ses (soi-disant) recherches scientifiques. Dans cette condition, c’est la crédibilité de la source qui est mise en évidence.
Après avoir entendu la bande, les étudiants devaient répondre à trois questionnaires :
- un premier juste après l’écoute, sur lequel ils notaient leur nom
- un deuxième qui était anonyme juste après le premier
- un troisième trois semaines après l’écoute
C’est seulement à propos du premier qu’on leur disait que les résultats seraient communiqués à l’orateur.
Voici les résultats :
- lorsque l‘orateur est présenté comme ayant des moyens de contrôle et de sanctions, les sujets se conforment à son opinion, mais uniquement quand le questionnaire est nominal. Ce n’est plus le cas lorsque celui-ci est anonyme ni quand on y répond trois semaines après.
- lorsque l’orateur est présenté comme le président d’une association qui fait référence pour les sujets, ils se conforment à son opinion tant que celui-ci et le groupe qu’il représente sont visibles, existants à leurs yeux (deux premiers questionnaires). Trois semaines plus tard, ils ne se conforment plus.
- lorsque l’orateur est présenté comme un scientifique prestigieux, les sujets adhèrent à son opinion dans les trois conditions de récolte des réponses, y compris trois semaines plus tard.
Cette expérience met en évidence que les différentes modalités du conformisme ( par complaisance, identification et intériorisation ) dépendent des caractéristiques de la relation entre la source et la cible d’influence.
mardi 8 janvier 2013
Expérience de Bernoux
Qu’il existe une liaison entre projet de mobilité sociale et
le choix du GR a été mis en évidence par Philippe Bernoux en 1985.
Cependant la mobilité sociale peut présenter des risques : un
individu qui veut se retrouver dans son GR renie son GA. Si il échoue dans sa
tentative alors il est rejeté par ces 2 groupes.
Par exemple dans l’armée les soldats qui voulaient monter de grade (devenir sous officier par exemple) suivaient les comportement des sous officiers (par exemple) mais en contrepartie ils étaient rejetés par le groupe de soldats qui leur appartenait ;
Le risque est de se marginaliser, l’image de soi se déprécie : le risque est le même aujourd’hui avec les diplômes. Celui qui réussi un diplôme de médecin (doctorat recherche) mais qui ne trouve pas de travail dans la branche qu’il voulait ira dans le privé mais sera sous évalué dans ses capacités réelles. (ex : en 1999 il n’y avait que 30 emplois de maître de conférence dans la section biologie pour 900 demandeurs).
Son expérience concerne les ouvriers tunisiens de France. Il
les a distingué en 3 groupes :
Un 1er groupe qui se juge de passage en France.
Pour eux le GR sont les ouvriers français qui leur ressemblent le plus
(ouvriers agricoles des villages alentours et qui pour loisir jardinaient
pour eux le travail industriel n’est pas intéressant et leur philosophie est de
ne pas avoir d’histoire).
Un 2ème groupe qui voulait rester en France et
avoir une promotion. Pour eux le GR sont les ouvriers français intéressés par
leur travail mais qui avaient toutefois une attitude critique envers
l’entreprise et son organisation (syndicalistes) _ ils pratiquaient le freinage
(à l’époque le salaire était donné au rendement : les ouvriers suivent une
norme informelle dans le but de sauvegarder les moins actifs.
Un 3ème groupe dont l’avis a évolué avec le
temps. Ils se sont détournés qu GR 1 pour le GR 2. Ce changement se faisait
lorsqu’ils devaient passer un examen pour avoir une promotion.
Par exemple dans l’armée les soldats qui voulaient monter de grade (devenir sous officier par exemple) suivaient les comportement des sous officiers (par exemple) mais en contrepartie ils étaient rejetés par le groupe de soldats qui leur appartenait ;
Le risque est de se marginaliser, l’image de soi se déprécie : le risque est le même aujourd’hui avec les diplômes. Celui qui réussi un diplôme de médecin (doctorat recherche) mais qui ne trouve pas de travail dans la branche qu’il voulait ira dans le privé mais sera sous évalué dans ses capacités réelles. (ex : en 1999 il n’y avait que 30 emplois de maître de conférence dans la section biologie pour 900 demandeurs).
La comparaison sociale (Festinger)
La
comparaison sociale désigne le processus par lequel l'individu évalue
ses opinions/attitudes et ses aptitudes en se référant à
autrui. Plus exactement dans les situations où l'individu n'est pas
sûr de la justesse de ses opinions ou de la qualité de ses aptitudes, il
opère une comparaison afin d'obtenir une estimation
mais également dans l'éventualité de s'ajuster aux normes ambiantes.
Le processus de comparaison sociale est déclenché par un état
d'incertitude et vise à rétablir la certitude et à aboutir ainsi
à un état d'équilibre.
En d'autres termes, quand on n'est pas sûr de son niveau, ou de la justesse/pertinence de ses attitudes,
on se
réfère aux autres autour de nous, et on s'ajuste par rapport à eux.
C'est dire le poids conséquent du milieu sur la construction du Soi,
l'Estime de Soi, la Clairvoyance Normative, l'intégrations
de normes, de comportements...etc Attention, ça ne veut
pas dire qu'on adopte systématiquement les comportements et attitudes
des autres, mais qu'on se mesure à cet
échelon.
On appelle Champ de Comparaison l'ensemble des individus auxquels le sujet peut se comparer.
On
appelle Champ de Référence l'ensemble des individus auxquels le sujet se
compare effectivement: les individus les plus semblables à
lui (ou, dans le cas de la conservation de l'Estime de Soi, les
individus avec lesquels la comparaison est favorable au sujet:
comparaisons ascendantes).
Si le Groupe de Référence a des attitudes ou des comportements éloignés de ceux du sujet, ce dernier entre dans une sorte de
Dissonance Cognitive
qu'il va tenter de réduire, dans le but de conserver une stabilité:
- en se rapprochant de ses individus et de leurs attitudes/comportements (cas des attitudes et des opinions)
- en faisant se rapprocher les autres de ses propres attitudes/comportements
- en réduisant encore son Champ de Référence aux quelques individus plus proches de lui
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